Chère madame, je crois que vous vous tirez une balle dans le pied

4 novembre 2011 § Poster un commentaire

Je ne comprends pas.

Quel intérêt Nadine Morano trouve-t-elle à porter plainte contre ce journaliste de l’Est Républicain au motif que contrairement à ce qu’il avance, elle n’aurait pas refusé d’être contrôlée à l’aéroport de Rome mais simplement souhaité être contrôlée dans un salon privé ? Quel intérêt a-t-elle trouvé en 2009 à poursuivre une internaute ayant posté à son endroit le commentaire « Hou la menteuse » sous une vidéo de DailyMotion ? Ce ne sont que deux exemples – diffamation dans le premier cas, injures publiques dans l’autre – mais Rue89 nous en a révélé d’autres.

Quel intérêt également, ou plutôt quel sens donner à ce fameux « J’exerce mon droit à l’image. Plus jamais vous ne me prendrez en photo, c’est fini ! » lancé à un photographe lors d’une réunion UMP ?

Tous les personnages publics, et particulièrement politiques, sont sujets à controverses, à quolibets, à commentaires de toutes sortes. Exercer un droit de réponse aurait suffi, et dans le cas de l’article de l’Est Républicain, celui-ci aurait pu inclure un démenti. Quant aux photographies, il est simplement vain, pour ne pas dire aberrant,  de songer à les interdire lorsque l’on exerce de telles fonctions.

L’ironie est que ceci a pour conséquence de générer bien d’autres réactions et commentaires, basés cette fois sur les actions intentées. Mme Morano entretient la chose qu’elle essaie de combattre par le simple fait de vouloir la combattre activement.  Ajoutons à cela quelques sorties malheureuses – Renaud, ou encore « Internet, je déteste » – et c’en est fini : Nadine Morano est devenue  un mème dont le côté durable tient aux aspects négatifs prêtés à sa personnalité. Et c’est ainsi que naquit le Best Of de Moranofacts, par exemple.

Y a-t-il moyen pour Mme Morano de renverser la vapeur ? Sans doute. Avec le temps, va. Plus personne ne parle aujourd’hui de cet élève de grande école qui avait défrayé la chronique en 1999. Mais cela suppose de prendre leçon des conséquences de ses actes. De prendre sur soi et d’ignorer les commentaires négatifs que l’on peut lire à son endroit, ou encore d’y répondre avec humour si tant est que l’on en s’en sente l’aplomb.

Et peut-être aussi de prendre conscience de sa vulnérabilité face aux critiques. D’enfin l’admettre pour la gérer, plutôt que de s’illusionner à se croire fort en contrant frénétiquement toute contestation, de front, et sans percevoir le ridicule de la situation. Mais quant à ce dernier point j’ai dit  » peut-être », hein. Je ne l’affirme pas mais le perçois ainsi, inutile de porter plainte.

A suivre, en tous les cas, ce très intéressant cas d’école.

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